Tu te demandes parfois d’où je viens, moi, Berlioz le chat gris ? Pas du Carrefour où mon humain m’a adopté, ça je peux te le garantir. Non, je parle de mes vraies racines, celles qui remontent à la nuit des temps, quand mes ancêtres chassaient dans le désert africain sans avoir besoin de croquettes haut de gamme. Le chat sauvage d’Afrique, ou Felis lybica si tu veux frimer en soirée, c’est mon arrière-arrière-arrière-grand-père. Le boss originel. Celui qui a domestiqué les humains il y a 10 000 ans (et non l’inverse, faut rétablir la vérité). Aujourd’hui, ce petit félin méconnu survit encore dans les savanes et déserts africains, mais son histoire est intimement liée à la mienne, et à celle de tous les chats domestiques de la planète. Alors accroche-toi, on part en voyage dans le temps et sur le continent africain.

⚡ Pas le temps de lire ?
  • Ancêtre direct : Le chat sauvage d’Afrique (Felis lybica) est l’ancêtre génétique de tous les chats domestiques actuels
  • Apparence : Plus élancé qu’un chat domestique, pelage sable à fauve avec rayures discrètes, oreilles roux-brique caractéristiques
  • Habitat immense : De l’Afrique subsaharienne jusqu’à l’Asie centrale, déserts, savanes et steppes semi-arides
  • Chasseur nocturne : Solitaire, territorial, actif la nuit, se nourrit de rongeurs, oiseaux et reptiles
  • Domestication : Apprivoisé il y a environ 10 000 ans au Proche-Orient, il a conquis le monde avec les humains

Qui est le chat sauvage d’Afrique (Felis lybica) ?

Parlons déjà du CV. Le chat sauvage d’Afrique, qu’on appelle aussi chat ganté (parce que ses pattes ressemblent à des gants, apparemment), est un petit félin qui vit principalement en Afrique du Nord et subsaharienne, mais aussi au Moyen-Orient et en Asie centrale. Son nom scientifique : Felis lybica. Jusqu’en 2017, les scientifiques le rangeaient dans la grande famille du Felis silvestris (le chat sauvage au sens large), mais depuis, il a été élevé au rang d’espèce à part entière. Respect.

Ce qui rend ce félin absolument fascinant, c’est qu’il est l’ancêtre génétique direct de tous les chats domestiques. Oui, tous. Du Maine Coon au Sphynx, du Bengal au Persan, on descend tous de ce chat du désert. Et franchement, quand on voit à quel point certains d’entre nous ont perdu leurs instincts de survie (je pense à toi, le chat qui a peur de son ombre), on se dit que l’évolution a fait du chemin.

Une taxonomie enfin clarifiée

Pendant longtemps, ce chat a été confondu avec d’autres sous-espèces de chats sauvages. Mais en 2017, les analyses génétiques ont mis les choses au clair : Felis lybica est bel et bien une espèce distincte. On reconnaît aujourd’hui trois sous-espèces principales :

  • Felis lybica lybica : le chat de Libye, présent en Afrique du Nord et au Moyen-Orient (c’est lui qui a été domestiqué)
  • Felis lybica cafra : le chat d’Afrique subsaharienne (Afrique australe)
  • Felis lybica ornata : le chat orné, qu’on trouve en Asie centrale

Cette distinction récente souligne surtout un truc important : on connaît encore très mal ce félin. Contrairement aux lions ou aux guépards qui font la une des documentaires, le chat sauvage d’Afrique reste dans l’ombre. Les chercheurs ont du mal à l’étudier, notamment à cause de l’insécurité dans certaines régions d’Afrique de l’Ouest et de son comportement discret. Résultat : on sait qu’il existe, mais on ignore beaucoup de choses sur ses populations actuelles et les menaces réelles qui pèsent sur lui.

Portrait physique : ressemblance troublante

Si tu croises un chat sauvage d’Afrique dans la nature (spoiler : c’est très peu probable), tu pourrais facilement le confondre avec un chat domestique tigré. Mais en y regardant de plus près, tu verrais des différences. Ce félin a une silhouette plus élancée, des pattes proportionnellement plus longues, et une démarche plus haute. En gros, il a l’air plus athlétique que ton matou de salon (désolé).

Dimensions et proportions

Le chat sauvage d’Afrique mesure entre 45 et 75 centimètres de long (sans la queue), avec une queue effilée de 20 à 38 centimètres supplémentaires. Son poids tourne autour de 3 à 6,5 kg, selon le sexe et la région. Les mâles sont généralement plus grands et plus lourds que les femelles. C’est à peu près la taille d’un gros chat domestique, mais sa morphologie est différente. Ses longues pattes lui donnent une allure de guépard miniature, et lui permettent une foulée plus large et plus rapide.

Pelage et couleurs

Niveau look, ce chat est sobre. Pas de motifs extravagants ni de couleurs criardes. Son pelage varie du gris sable au jaune fauve, avec des teintes rousses qui l’aident à se fondre dans les paysages désertiques et les savanes. Ses rayures sont beaucoup moins marquées que celles d’un chat domestique tigré typique. On parle plutôt de motifs estompés, voire mouchetés, surtout sur les flancs. Cette discrétion visuelle est une adaptation au soleil zénithal africain : des contrastes trop forts le rendraient visible de loin.

Un trait distinctif : la face postérieure de ses oreilles. Elles sont systématiquement teintées de roux brique ou d’orange, un peu comme si quelqu’un avait peint l’arrière. Pas de pinceaux de poils aux oreilles (ça c’est pour le caracal), mais cette couleur caractéristique permet de l’identifier à coup sûr. Ses yeux oscillent entre le vert et le jaune doré, souvent avec un regard perçant qui dit clairement : « Ne t’approche pas. »

Queue et membres

Sa queue est fine, effilée, et se termine par deux ou trois anneaux noirs très nets. C’est un détail que tu remarquerais immédiatement si tu le voyais de dos. Ses pattes portent des rayures horizontales noires bien dessinées, et ses coussinets sont noirs. Le ventre est généralement plus clair, tirant vers le blanc ou le crème, ce qui crée un contraste subtil avec le dos plus sombre.

Où vit le chat sauvage d’Afrique ?

Si tu pensais que ce félin était confiné à quelques réserves africaines, détrompe-toi. Le chat sauvage d’Afrique a une aire de répartition absolument gigantesque. On le trouve dans la majeure partie de l’Afrique subsaharienne (sauf les forêts tropicales humides du bassin du Congo, qu’il évite comme la peste), en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, et jusqu’en Asie centrale, en Inde, en Chine et en Mongolie. Oui, tu as bien lu. Ce petit chat discret occupe un territoire qui s’étend sur trois continents.

Des milieux variés mais arides

Le chat sauvage d’Afrique est un spécialiste des environnements ouverts et semi-arides. Tu le trouveras dans :

  • Les déserts et semi-déserts (Sahara, désert du Kalahari, déserts arabiques)
  • Les savanes et prairies broussailleuses
  • Les steppes arides et rocailleuses
  • Les forêts ouvertes sur terrain vallonné
  • Les zones montagneuses jusqu’à 3 000 mètres d’altitude

En revanche, il fuit les forêts tropicales humides et les zones enneigées. Trop d’humidité, trop de végétation dense : pas son truc. Ce félin aime voir loin, avoir de l’espace pour chasser, et pouvoir se camoufler dans des paysages ouverts où les contrastes de son pelage fonctionnent à merveille.

Un territoire impressionnant

Les domaines vitaux de ce chat sont énormes comparés à ceux d’un chat domestique. Une femelle peut occuper un territoire de 6 à 52 km² selon les régions et la disponibilité des proies. Les mâles, eux, ont des territoires qui chevauchent généralement ceux de plusieurs femelles. En clair, un mâle patrouille une zone qui peut couvrir celle de trois ou quatre femelles. C’est stratégique : plus de chances de se reproduire.

Le chat sauvage d’Afrique marque son territoire avec des marques olfactives (urine, griffures, frottements de glandes faciales), et il défend activement ses frontières contre les intrus. Contrairement à nous autres chats domestiques qui acceptons (bon gré mal gré) de cohabiter avec d’autres félins dans la même maison, lui est farouchement solitaire.

Comportement et mode de vie : un chasseur solitaire

Le chat sauvage d’Afrique est un félin nocturne et solitaire. Il passe la majeure partie de la journée caché dans des buissons, des terriers abandonnés ou des crevasses rocheuses, et sort chasser à la tombée de la nuit. Parfois, il peut être actif par temps sombre et nuageux, mais globalement, c’est un animal de l’ombre.

Technique de chasse redoutable

Ce chat a une ouïe exceptionnelle. Il peut localiser une souris qui gratte sous le sol à plusieurs mètres de distance. Sa technique de chasse est classique mais efficace : il s’approche lentement de sa proie en rampant, en utilisant la végétation comme couverture, puis bondit dès qu’elle est à portée (environ un mètre). Pas de course-poursuite spectaculaire comme les guépards, juste de la patience, de la précision, et un timing parfait.

Ses proies principales sont les petits rongeurs (souris, rats, gerbilles), mais il ne crache pas sur un oiseau, un reptile, un amphibien ou des insectes. En Afrique de l’Ouest, il s’attaque aussi aux lièvres et aux francolins (une sorte de perdrix). En Afrique australe, il peut même s’en prendre à de jeunes antilopes ou à des agneaux et chevreaux domestiques, ce qui ne le rend pas très populaire auprès des éleveurs.

Adaptation à la sécheresse

Un truc impressionnant : bien qu’il vive dans des climats chauds, le chat sauvage d’Afrique boit très rarement de l’eau. Il tire presque toute son hydratation de ses proies. C’est une adaptation essentielle pour survivre dans le désert. Nous, les chats domestiques, on a gardé cette capacité à concentrer notre urine, mais on a aussi accès à des gamelles d’eau fraîche 24h/24. Nos ancêtres, eux, devaient se débrouiller sans robinet.

Comportement territorial et défensif

Quand un chat sauvage d’Afrique est confronté à un adversaire (un autre mâle, un prédateur, ou un humain trop curieux), il adopte une posture défensive classique : il hérisse son pelage pour paraître plus grand et plus menaçant. C’est exactement ce qu’on fait nous aussi quand on est énervés. Sauf que lui, c’est pour de vrai. Pas pour impressionner le chien du voisin.

Alimentation : un carnivore strict

Le chat sauvage d’Afrique est un carnivore pur et dur. Pas de fruits, pas de légumes, pas de graines. Que de la viande. Son régime alimentaire varie selon les saisons et la disponibilité des proies, mais il reste principalement composé de petits mammifères.

  • Rongeurs : souris, rats, gerbilles, campagnols (80 % de son alimentation dans certaines régions)
  • Oiseaux : francolins, petits passereaux, oiseaux au sol
  • Reptiles : lézards, jeunes serpents
  • Amphibiens : grenouilles
  • Insectes : sauterelles, coléoptères (complément alimentaire)
  • Jeunes mammifères : faons d’antilopes, lièvres, lapins

En cas de disette, il peut se faire charognard et manger des carcasses déjà entamées par d’autres prédateurs. Mais ce n’est pas son comportement habituel. Il préfère tuer lui-même sa proie, question de fierté féline.

Fréquence des repas

Un chat sauvage d’Afrique mange généralement une à trois proies par nuit, selon leur taille. Une souris ne fait pas le poids face à un lièvre. Contrairement à nous, chats domestiques, qui avons accès à des croquettes en libre-service, lui doit chasser pour chaque repas. Pas de pitié, pas de seconde chance. Si la chasse échoue, il dort le ventre vide.

Reproduction : des portées adaptées aux saisons

On sait assez peu de choses sur le système d’accouplement du chat sauvage d’Afrique, mais les observations suggèrent qu’il est solitaire la plupart du temps et ne se rapproche d’un partenaire que pour la reproduction. Les mâles patrouillent leur territoire à la recherche de femelles en chaleur, et les accouplements sont brefs.

Gestation et naissances

Après une période de gestation de 56 à 60 jours, la femelle donne naissance à une portée de 1 à 3 chatons en moyenne, mais des portées de 5 chatons ont déjà été observées. Au Botswana, les naissances ont lieu principalement pendant la saison chaude et humide, quand les proies sont plus abondantes. C’est logique : mettre bas quand il y a de quoi nourrir tout le monde.

Élevage des chatons

La femelle élève seule ses petits. Le mâle ne participe pas à l’éducation (classique). Les chatons naissent aveugles et sourds, comme tous les félins, et ouvrent les yeux vers 10-12 jours. Ils sont sevrés vers 6-8 semaines, mais restent avec leur mère plusieurs mois pour apprendre les techniques de chasse. Vers 6-9 mois, ils deviennent indépendants et quittent le territoire maternel pour trouver le leur.

La patte de Berlioz : et si on était restés sauvages ?

L’autre jour, j’étais au vétérinaire (encore), et je suis tombé sur Horus, l’Ocicat du quartier. Tu sais, ce chat qui a l’air d’un léopard miniature et qui en joue un max. On discutait de nos ancêtres, comme deux chats cultivés qu’on est, et Horus me sort : « Ouais enfin toi t’es gris de base, moi j’ai gardé le look sauvage. »

Je lui ai ri au museau. « Horus, tu as peut-être des taches, mais tu dors 18 heures par jour sur un canapé chauffant. Mon arrière-grand-père chassait dans le désert africain sans gamelle de secours. Il buvait pas d’eau pendant des jours. Toi, tu paniques si ta fontaine à eau fait un bruit bizarre. »

Il a fait semblant de ne pas entendre. Mais c’est vrai. On a tous un chat sauvage d’Afrique dans notre arbre généalogique, mais certains ont plus gardé les gènes que d’autres. Moi, par exemple, je sais encore chasser (bon, surtout des mouches et Doudou Poisson, mais c’est le geste qui compte). Horus, lui, il attend que son humain lui ouvre la boîte de pâtée bio premium.

Parfois, je me demande ce que mes ancêtres penseraient de moi. Est-ce qu’ils seraient fiers que j’aie conquis le monde des humains ? Ou est-ce qu’ils me traiteraient de vendu parce que je ronronne quand on me gratte derrière les oreilles ? Mystère. En tout cas, une chose est sûre : eux n’avaient pas besoin de RankMath ni de SEO pour survivre. Respect.

Ton chat a-t-il gardé ses gènes de sauvage ?

Bon, maintenant que tu connais mes racines africaines, on va faire un test. Ton chat domestique a-t-il conservé les instincts du chat sauvage d’Afrique ? Ou est-ce qu’il est devenu un chat de luxe complètement déconnecté de ses origines ? Réponds honnêtement.

🐾 Quiz : Ton chat est-il resté sauvage ?

1. Ton chat chasse-t-il régulièrement (même des insectes) ?

2. Ton chat est-il actif la nuit ?

3. Ton chat défend-il son territoire (contre d’autres chats) ?

4. Ton chat boit-il beaucoup d’eau ?

5. Ton chat se cache-t-il souvent ?

Chat domestique vs chat sauvage : ce qui a changé

Bon, on descend tous du chat sauvage d’Afrique, mais on a quand même pas mal évolué depuis. Voici un tableau comparatif pour voir ce qui a changé (ou pas) entre mon ancêtre et moi.

Critère Chat sauvage d’Afrique Chat domestique
Taille 45-75 cm (corps), pattes longues 40-60 cm (corps), pattes plus courtes
Pelage Gris sable à fauve, rayures discrètes Toutes les couleurs possibles (sélection artificielle)
Comportement Solitaire, territorial, farouche Sociable (variable), tolère les humains
Activité Strictement nocturne Crépusculaire (aube et crépuscule), adaptable
Alimentation Chasse active tous les jours Nourri par les humains (croquettes, pâtée)
Reproduction Saisonnière (saison humide) Toute l’année (si non stérilisé)
Espérance de vie 8-12 ans (en milieu naturel) 12-20 ans (soins vétérinaires, alimentation régulière)
Vocalises Limitées (surtout pendant la reproduction) Très développées (miaulements variés pour communiquer avec les humains)

En gros, on a gardé l’anatomie de base, mais on a perdu une grosse partie de notre indépendance. On vit plus longtemps, on mange mieux, mais on ne saurait plus survivre seuls dans la nature. Sauf quelques rares exceptions, genre les Savannah qui ont encore un pied (ou une patte) dans le monde sauvage.

L’histoire de la domestication : comment tout a commencé

Bon, parlons de la vraie question : comment un chat sauvage d’Afrique indépendant et territorial a fini par devenir un chat domestique qui ronronne sur des genoux humains ? Spoiler : c’est pas les humains qui nous ont domestiqués. C’est nous qui les avons choisis.

Tout commence au Proche-Orient, il y a 10 000 ans

Les analyses génétiques ont confirmé que la domestication du chat a débuté au Proche-Orient (actuels Israël, Jordanie, Syrie, Irak) il y a environ 10 000 ans, au moment où les humains sont passés de chasseurs-cueilleurs à agriculteurs sédentaires. Avec l’agriculture sont apparus les greniers à grains. Et avec les greniers à grains sont venus les rongeurs. Et avec les rongeurs… nous.

Les chats sauvages d’Afrique ont compris qu’autour des villages humains, il y avait un buffet à volonté de souris et de rats. Pas besoin de chasser dans le désert pendant des heures, il suffait de traîner près des silos. Les humains, de leur côté, ont vite réalisé que ces petits félins décimaient les nuisibles qui détruisaient leurs récoltes. Un partenariat gagnant-gagnant est né.

L’Égypte ancienne : l’âge d’or du chat

On a longtemps cru que les chats avaient été domestiqués en Égypte il y a environ 5 000 ans. En réalité, l’Égypte n’a fait que parachever le processus. Les chats y étaient vénérés, protégés par la loi, et momifiés après leur mort. La déesse Bastet, représentée avec une tête de chat, était l’une des divinités les plus populaires. Les Égyptiens interdisaient d’exporter des chats vivants hors de leurs frontières. Mais bon, ça n’a pas empêché les chats de se répandre quand même.

Avec les Romains, on conquiert l’Europe

Les Romains ont ramené des chats d’Égypte et du Moyen-Orient en Europe il y a environ 2 000 ans. De là, on s’est répandus partout : Gaule, Bretagne, Germanie. Partout où les humains installaient des fermes et des greniers, on suivait. Au Moyen Âge, on a eu une mauvaise passe (accusations de sorcellerie, chasses aux chats noirs), mais globalement, on a survécu. Et aujourd’hui, on règne sur Internet. Comme quoi, la roue tourne.

Découvertes archéologiques

En 2004, des archéologues ont découvert à Chypre un squelette de chat enterré près d’un squelette humain, datant de 9 500 ans. Ce chat montrait des signes de début de domestication. Chypre n’a jamais eu de population de chats sauvages indigènes, ce qui prouve que ce chat a été amené sur l’île par des humains. C’est la preuve que notre relation avec les humains remonte bien à cette époque.

Menaces et conservation : un félin encore mal protégé

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le chat sauvage d’Afrique n’est pas classé comme une espèce menacée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). Il est listé en « Préoccupation mineure », ce qui signifie que ses populations sont encore stables globalement. Mais attention, cette classification cache une réalité plus complexe.

Hybridation avec les chats domestiques

La plus grande menace qui pèse sur le chat sauvage d’Afrique, c’est l’hybridation avec les chats domestiques féraux (chats domestiques retournés à l’état sauvage). Partout où des chats domestiques cohabitent avec des chats sauvages, il y a des croisements. Et ces croisements diluent la pureté génétique de l’espèce sauvage.

En Europe, le chat sauvage européen (Felis silvestris silvestris) est confronté au même problème, et certaines populations sont déjà considérées comme gravement hybridées. En Afrique, le phénomène est encore mal étudié, mais il est probablement en cours dans les zones périurbaines et agricoles.

Transmission de maladies

Les chats domestiques peuvent transmettre des maladies aux chats sauvages : leucose féline, calicivirus, virus de la panleucopénie féline. Ces pathologies peuvent décimer des populations de chats sauvages qui n’ont jamais été exposées à ces virus.

Destruction de l’habitat

L’extension des zones agricoles, l’urbanisation et la désertification grignottent les habitats naturels du chat sauvage d’Afrique. En Afrique de l’Ouest, les conflits armés et l’insécurité rendent la recherche impossible, ce qui empêche d’évaluer correctement l’état des populations.

Un félin encore méconnu

Le problème principal, c’est qu’on connaît très mal ce chat. Contrairement aux grands félins qui font l’objet de programmes de conservation internationaux, le chat sauvage d’Afrique reste dans l’ombre. Les chercheurs manquent de données sur ses populations, ses déplacements, et ses menaces réelles. Résultat : il n’y a pas de plan de conservation global pour le protéger.

Verdict de Berlioz

Bon, voilà. Tu sais maintenant d’où je viens vraiment. Le chat sauvage d’Afrique, c’est mon arrière-grand-père cosmique. Celui qui a survécu dans le désert, qui chassait sous les étoiles africaines, et qui a eu l’idée de génie de se rapprocher des humains il y a 10 000 ans. Grâce à lui, je suis là aujourd’hui, confortablement installé sur mon coussin chauffant, à rédiger des articles de blog.

Est-ce que j’ai gardé ses instincts ? Un peu. Je chasse encore (des mouches, surtout), je suis territorial (mon canapé, c’est mon canapé), et je dors la journée pour être actif la nuit (enfin, surtout pour réveiller mon humain à 5h du matin). Mais je ne survivrais probablement pas trois jours dans le désert du Kalahari. Et franchement, ça me va très bien.

Ce qui me frappe, c’est qu’on parle tout le temps des Bengals, des Maine Coons, des Persans, mais jamais du chat sauvage d’Afrique. Alors que c’est lui, le boss. Le chat originel. Celui qui a tout lancé. Respect éternel à mes ancêtres du désert. Et maintenant, si tu veux bien m’excuser, j’ai une sieste à finir.

FAQ

Le chat sauvage d’Afrique est-il vraiment l’ancêtre de tous les chats domestiques ?

Oui. Les analyses génétiques ont confirmé que tous les chats domestiques actuels descendent du chat sauvage d’Afrique (Felis lybica), et plus précisément de la sous-espèce Felis lybica lybica présente au Proche-Orient. La domestication a commencé il y a environ 10 000 ans, au moment où les humains sont devenus agriculteurs sédentaires.

Quelle est la différence physique entre un chat sauvage d’Afrique et un chat domestique ?

Le chat sauvage d’Afrique a des pattes proportionnellement plus longues, une silhouette plus élancée, et un pelage aux rayures beaucoup moins marquées qu’un chat domestique tigré. Ses oreilles portent une teinte roux-brique caractéristique à l’arrière, et sa queue est plus effilée avec des anneaux noirs nets. Il est également plus léger et plus athlétique dans ses mouvements.

Où vit le chat sauvage d’Afrique aujourd’hui ?

Le chat sauvage d’Afrique occupe un territoire immense qui s’étend de l’Afrique subsaharienne (sauf les forêts tropicales humides) jusqu’au Moyen-Orient, à l’Asie centrale, à l’Inde, à la Chine et à la Mongolie. Il privilégie les environnements ouverts et semi-arides comme les déserts, les savanes, les steppes et les zones rocailleuses.

Le chat sauvage d’Afrique est-il une espèce menacée ?

Non, il est classé en « Préoccupation mineure » par l’UICN, ce qui signifie que ses populations globales restent stables. Cependant, il fait face à des menaces sérieuses comme l’hybridation avec les chats domestiques féraux, la transmission de maladies, et la destruction progressive de son habitat. Le manque de données sur ses populations réelles rend l’évaluation précise difficile.

Le chat sauvage d’Afrique peut-il être apprivoisé ?

Techniquement oui, mais ce n’est ni légal ni recommandé. Le chat sauvage d’Afrique reste un animal sauvage avec des instincts de survie très développés. Il est farouche, territorial, et ne se comporte pas comme un chat domestique. Les tentatives d’apprivoisement sont généralement vouées à l’échec et dangereuses pour l’animal comme pour l’humain. Il existe déjà des races domestiques qui imitent son apparence, comme le Savannah ou l’Ocicat.

Comment le chat sauvage d’Afrique survit-il dans le désert sans boire d’eau ?

Le chat sauvage d’Afrique a développé une adaptation physiologique remarquable : il tire presque toute son hydratation de ses proies (rongeurs, oiseaux, reptiles). Ses reins concentrent fortement son urine pour limiter les pertes en eau, ce qui lui permet de survivre pendant des jours sans boire. Cette adaptation est essentielle pour vivre dans des environnements désertiques où l’eau est rare.

A propos du Chat : Berlioz le chat

Je suis Berlioz, né le 29 mars 2021, au moment où les humains redécouvraient le papier toilette et les réunions Zoom. Autant dire que j’ai vu le jour dans un monde chelou. Du coup, j’ai gardé quelques principes : les gestes barrières sont sacrés, et les câlins non consentis, c’est non. Chat gris zébré de noir, yeux verts laser, je suis ce qu’on appelle un félin de caractère. Un peu philosophe, beaucoup geek, carrément charismatique. Entre deux parties de cache-cache avec Doudou Poisson, mon BFF officiel en peluche, j’ai décidé de poser mes coussinets sur un clavier et de créer ce site.