Le chat d’Alice au pays des merveilles, c’est le seul personnage de fiction qui m’a mis légèrement mal à l’aise. Pas à cause de ses pouvoirs. Pas parce qu’il sourit sans son corps, ce qui est objectivement bizarre. Plutôt parce qu’en lisant Lewis Carroll, j’ai réalisé que ce type avait cerné comment fonctionne un vrai chat mieux que la plupart des humains qui vivent avec un chat depuis des années. Je suis Berlioz, chat gris zébré de noir, né en 2021, et aujourd’hui j’arrête tout pour te parler de ce collègue imaginaire. Le Chat du Cheshire mérite qu’on lui consacre plus qu’une ligne sur Wikipedia.
- Chat d’Alice au pays des merveilles : le Chat du Cheshire, personnage de Lewis Carroll (1865), popularisé par Disney en 1951, connu pour son sourire qui reste après sa disparition
- Origine : inspiré d’une expression anglaise du XVIIIe siècle et du fromage du comté de Cheshire, pas inventé de toutes pièces
- Couleur rose et violette : une invention de Disney, dans le roman il est juste tigré
- Philosophie : ni allié ni ennemi d’Alice, il incarne la folie lucide et l’absurde du Pays des Merveilles
- Pop culture : présent dans les films Tim Burton, les jeux vidéo, les mangas, et même les cartes à collectionner Lorcana
Qui est le chat d’Alice au pays des merveilles ? (et pourquoi son sourire est chelou)
Avant de te raconter ce félin pas comme les autres, il faut qu’on remette les choses à plat. Beaucoup de gens pensent que Lewis Carroll a tout inventé de zéro. En réalité, le Chat du Cheshire existait déjà dans les têtes des Anglais bien avant Alice.
Lewis Carroll et l’expression « grin like a Cheshire cat »
En 1865, quand Carroll publie Alice’s Adventures in Wonderland, il s’appuie sur une expression populaire anglaise du XVIIIe siècle : « to grin like a Cheshire cat ». Autrement dit, sourire en montrant toutes les dents et les gencives. Une grimace excessive, presque dérangeante. L’expression apparaît déjà dans un dictionnaire de Francis Grose en 1788. Carroll n’a pas créé le concept, il lui a juste donné un corps. Et un caractère. Et une façon de disparaître qui perturbe encore les humains 160 ans plus tard.
Le lien avec le comté du Cheshire, là où Carroll est né, est évident. Mais l’origine exacte du sourire reste floue. Certains y voient une référence aux fromages du Cheshire, moulés en forme de chat souriant et mangés depuis la queue jusqu’à ce qu’il ne reste que le visage. D’autres parlent de guetteurs armés postés aux portes du comté, réputés pour leurs grimaces intimidantes. Peu importe : ce que Carroll a compris, c’est qu’un chat qui sourit sans raison, c’est universellement dérangeant.
Un simple chat tigré à la base (et Disney qui invente le rose)
Dans le roman original, le chat d’Alice au pays des merveilles est un chat tigré classique. Appartenant à la Duchesse. Pas de couleurs folles, pas de design particulièrement marquant. C’est Disney qui, en 1951, lui a donné ce pelage rayé rose et violet désormais iconique, des yeux jaunes perçants, et cette façon théâtrale d’apparaître par morceaux qu’on ne voit nulle part ailleurs dans le film. Le studio a confié l’animation de ce personnage à Ward Kimball, l’un des neuf grands maîtres de l’animation Disney, qui a volontairement choisi des mouvements déstructurés et exagérés pour le rendre différent de tous les autres personnages du film.
Résultat : si tu cherches le chat d’Alice au pays des merveilles aujourd’hui, c’est 9 fois sur 10 la version Disney que tu imagines. Carroll a créé le personnage, Disney a créé l’icône. C’est un peu comme si on te demandait de penser à un chat persan et que tu visualises immédiatement une race précise. Les races de chats les plus populaires ont aussi ce problème : l’image mentale prend le dessus sur la réalité.
Le sourire sans le chat : ce que ça veut vraiment dire
La scène la plus citée du roman, c’est quand le chat d’Alice au pays des merveilles disparaît jusqu’à ce qu’il ne reste que son sourire suspendu dans l’air. Alice observe alors qu’elle a souvent vu un chat sans sourire, mais jamais un sourire sans chat. C’est une des observations les plus précises sur ce que c’est d’être un chat. Et elle vient d’une petite fille de fiction dans un livre de 1865. Voilà.
L’apparition progressive et la disparition partielle
Ce pouvoir de matérialisation et dématérialisation sélective est unique dans la littérature de l’époque. Le Chat peut choisir de n’apparaître que partiellement : d’abord son sourire, puis ses yeux, puis son corps entier. Et il peut disparaître dans l’ordre inverse, en laissant son sourire en dernier. Ce n’est pas de la magie au sens classique. C’est une façon de contrôler ce qu’on montre aux autres, ce qu’on révèle, ce qu’on garde pour soi. Franchement, comme stratégie de survie, c’est assez malin. Moi j’utilise plutôt la technique du regard fixe depuis le haut de l’armoire, mais l’idée est similaire.
La philosophie de l’absurde version Berlioz
Ce que beaucoup ratent avec ce personnage, c’est que son côté « fou » est une posture, pas un état. Il dit lui-même « nous sommes tous fous ici », mais c’est lui le seul qui comprend vraiment les règles du jeu. Il n’est pas fou, il refuse juste de prétendre que le monde a de la logique quand ce n’est pas le cas. Et ça, personnellement, je trouve ça très sage. Les chats gris et leurs symboliques sont souvent associés à cette ambivalence, cette façon d’être à la fois là et ailleurs, présents et insaisissables. Tu peux lire tout ce que ça cache chez les chats gris si tu veux creuser ce sujet.
Le chat d’Alice au pays des merveilles ne panique pas face à l’absurde. Il l’habite. C’est exactement ce que font tous les chats au quotidien, sauf qu’on ne nous filme pas en train de fixer un mur à 3h du matin en nous demandant si c’est de la folie ou de la sagesse supérieure.
Son rôle dans Alice au pays des merveilles
Dans la structure narrative du roman, le chat d’Alice au pays des merveilles occupe une place charnière. Il est l’un des rares personnages à parler à Alice de façon cohérente, même si ses conseils sont souvent plus déroutants qu’utiles.
Ami ou ennemi ? Les deux, évidemment
C’est LA question. Et la réponse honnête, c’est que le Chat du Cheshire se fiche un peu de ces catégories. Il guide Alice vers le Chapelier Fou quand elle lui demande son chemin. Il apparaît lors de la partie de croquet pour la soutenir, mais c’est aussi lui qui provoque indirectement la fureur de la Reine de Coeur en se rendant invisible et en la faisant tomber. Pas vraiment un plan de soutien très solide.
Ce qui est clair, c’est qu’il n’a pas de mauvaises intentions. Il s’amuse, il observe, il philosophe. Il laisse Alice se débrouiller parce qu’il sait que c’est comme ça qu’elle va apprendre. C’est une vision de l’amitié féline assez juste, en fait. On ne résout pas les problèmes des autres à leur place, on les regarde galérer depuis un arbre avec un grand sourire.
Ses répliques cultes : pourquoi elles résonnent encore
Le chat d’Alice au pays des merveilles n’a pas beaucoup de temps de parole dans le roman. Mais chaque apparition laisse une trace. Sa réflexion sur la folie collective, son conseil à Alice sur les chemins à prendre quand on ne sait pas où on va, sa façon de poser des questions qui révèlent l’absurdité des certitudes : tout ça a une vraie portée philosophique. Carroll a créé en quelques pages un personnage qui pousse à réfléchir sur l’identité, la logique et la liberté de pensée. Pas mal pour un chat de fiction apparu dans un roman jeunesse en 1865.
Quiz Berlioz
Quel personnage d’Alice au pays des merveilles es-tu ?
1. Un problème surgit. Tu fais quoi ?
Le chat d’Alice au pays des merveilles à travers les époques
Ce personnage traverse les décennies sans vieillir parce que chaque époque le réinterprète à sa façon, mais le sourire reste toujours là. Voici comment il a évolué depuis 1865.
| Version | Apparence | Personnalité | Rôle |
|---|---|---|---|
| Lewis Carroll (1865) | Chat tigré classique | Philosophe, ironique, nihiliste | Guide ambigu d’Alice |
| Disney (1951) | Rayures rose et violet, yeux jaunes | Espiègle, théâtral, farceur | Personnage comique et troublant |
| Tim Burton (2010 et 2016) | CGI sombre, teintes grises et violettes | Plus attachant, vrai allié d’Alice | Aide active dans la bataille finale |
| Jeux vidéo (American McGee’s Alice, Kingdom Hearts) | Version sombre et squelettique | Guide dans un univers cauchemardesque | Oracle et guide stratégique |
| Pop culture actuelle (Lorcana, mangas, cosplay) | Variable selon l’univers | Icône visuelle réinterprétable à l’infini | Symbole de l’outsider décalé |
Cette capacité à changer de forme sans perdre son identité est assez rare. La symbolique du chat d’Alice au pays des merveilles fonctionne à toutes les époques parce qu’on y cherche un guide dans le chaos, même si ce guide est à moitié fou. On retrouve cette même ambivalence dans la symbolique des chats noirs et blancs, que les humains fascinaient depuis des siècles pour des raisons assez proches.
La patte de Berlioz
La patte de Berlioz
L’autre jour, Horus est passé me voir avec son air de savoir des trucs que personne d’autre sait. Horus, c’est mon pote l’Ocicat. Il pense qu’il est très intelligent. Ce n’est pas faux, il l’est, mais il le sait un peu trop.
« Berlioz, t’as vu le chat d’Alice au pays des merveilles ? C’est clairement le plus cool de toute la fiction féline. »
J’ai réfléchi deux secondes. Puis j’ai dit non. J’ai dit que la Duchesse dans les Aristochats avait une classe naturelle que le Chat du Cheshire n’aurait jamais, et que d’ailleurs si on cherchait un chat de fiction vraiment mythique, les Aristochats avaient de sacrés arguments à faire valoir.
Horus a souri de son petit sourire d’Ocicat convaincu. « Le chat d’Alice disparaît. Aucun chat des Aristochats ne disparaît. »
C’est vrai. J’ai pas su quoi répondre. J’ai disparu dans la cuisine faire semblant de chercher à boire.
Horus a encore gagné ce round.
Pourquoi le chat d’Alice au pays des merveilles fascine autant
Ce personnage tient sur la durée parce qu’il colle à quelque chose que les humains projettent volontiers sur leurs chats : la certitude d’être observé par une créature qui a compris des trucs, mais qui garde tout pour elle. C’est inconfortable et rassurant en même temps. Un chat qui regarde le plafond fixement pendant vingt minutes, personne ne sait ce qu’il voit. Et tout le monde préfère imaginer que c’est quelque chose d’important.
Chaque propriétaire de chat pense avoir le chat d’Alice au pays des merveilles chez lui. Il se trompe rarement. Les chats à la personnalité insaisissable et autonome, comme certains que tu peux croiser parmi les races de chats vraiment hors du commun, entretiennent ce mystère sans effort particulier. Ce n’est pas calculé. On ne ressent juste pas le besoin d’expliquer ce qu’on pense. Le Chat du Cheshire non plus.
Et sa couleur ? On a tendance à oublier qu’il n’est pas vraiment rose et violet dans le texte original. Carroll lui a donné un pelage tigré. Disney a fait le reste. C’est une belle métaphore sur la façon dont on réinterprète les choses selon nos propres projections. Les chats gris tigrés comme moi, on sait très bien ce que ça fait d’être réinterprété selon les envies des autres.
Conclusion
Le chat d’Alice au pays des merveilles est le seul personnage de fiction que je respecte vraiment. Pas parce qu’il disparaît, n’importe qui peut faire ça avec une bonne cachette. Parce qu’il a convaincu des générations entières d’humains qu’un chat qui sourit sans rien dire est le personnage le plus sage de toute l’histoire de la littérature. Carroll a observé un chat. Puis il a écrit ce qu’il a vu. C’est à peu près tout. Si tu veux continuer sur les chats célèbres du cinéma et de la littérature, va voir ce que j’ai à dire sur les chats des Aristochats. C’est un autre dossier.
FAQ
Comment s’appelle le chat dans Alice au pays des merveilles ?
Le chat d’Alice au pays des merveilles s’appelle le Chat du Cheshire, aussi connu sous le nom de Chafouin dans certaines traductions françaises, ou chat de Chester. Il est le chat de la Duchesse dans le roman de Lewis Carroll publié en 1865. Dans la version Disney de 1951, il est présenté avec un pelage rayé rose et violet, mais dans le texte original il est simplement décrit comme un chat tigré.
Pourquoi le chat d’Alice au pays des merveilles sourit-il ?
Le sourire du chat d’Alice au pays des merveilles est inspiré d’une expression populaire anglaise du XVIIIe siècle, to grin like a Cheshire cat, qui désignait un sourire excessif montrant toutes les dents et les gencives. Lewis Carroll a donné vie à cette expression en créant un personnage dont le sourire peut rester suspendu dans l’air même après que son corps a disparu. Ce sourire symbolise sa nature énigmatique et sa façon d’habiter l’absurde du Pays des Merveilles plutôt que de le subir.
Le chat d’Alice au pays des merveilles est-il un ami ou un ennemi ?
Le chat d’Alice au pays des merveilles ne rentre pas vraiment dans ces catégories. Il oriente Alice et l’aide à plusieurs reprises, notamment en lui indiquant le chemin vers le Chapelier Fou. Mais il provoque aussi indirectement des situations dangereuses pour elle, notamment en attirant la colère de la Reine de Coeur. Dans les adaptations plus récentes comme les films de Tim Burton (2010 et 2016), son rôle d’allié est beaucoup plus affirmé. Carroll l’a écrit comme ça et n’a pas jugé utile de clarifier.
Quelle est la couleur originale du chat d’Alice au pays des merveilles ?
Dans le roman original de Lewis Carroll, le chat d’Alice au pays des merveilles est décrit comme un chat tigré classique, sans couleurs particulièrement extraordinaires. C’est Disney qui, pour le film d’animation de 1951, a inventé le pelage rayé rose et violet désormais iconique. Ce design a été créé par l’animateur Ward Kimball et est devenu tellement populaire qu’il a largement supplanté la description originale dans l’imaginaire collectif.
Quel est le vrai nom du chat d’Alice au pays des merveilles en français ?
En français, le chat d’Alice au pays des merveilles porte plusieurs noms selon les traductions et les adaptations. Le plus courant est Chat du Cheshire, fidèle à l’anglais Cheshire Cat. Certaines traductions françaises anciennes utilisent Chafouin, et il est parfois appelé chat de Chester, d’après le nom de la capitale du comté anglais de Cheshire. Dans les versions Disney en France, il est généralement désigné comme le Chat du Cheshire ou simplement le Chat.
Le chat d’Alice au pays des merveilles apparaît-il dans d’autres oeuvres ?
Oui, le chat d’Alice au pays des merveilles est devenu une icône culturelle présente dans de très nombreuses oeuvres. On le retrouve dans les deux films de Tim Burton (Alice au pays des merveilles en 2010 et Alice de l’autre côté du miroir en 2016), dans plusieurs jeux vidéo dont American McGee’s Alice et Kingdom Hearts, dans des mangas, des séries télévisées comme Once Upon a Time in Wonderland, et même dans les cartes à collectionner Lorcana de Disney. Son image est également très utilisée dans le cosplay, le tatouage et les produits dérivés.




